Après une embellie en 2025, le marché immobilier aborde 2026 dans un climat plus incertain. Pourtant, l’envie d’acheter reste bien présente chez les Français, notamment chez les primo-accédants. Mais dans un contexte où le financement demeure le nerf de la guerre, une question revient au cœur des projets immobiliers : sera-t-il encore possible d’obtenir son crédit pour acheter un logement neuf ?
Immobilier neuf : les Français veulent toujours devenir propriétaires
Le marché immobilier n’est pas à l’arrêt, loin de là. Selon le Baromètre du crédit présenté par l’Apic (Association professionnelle des intermédiaires en crédits), 35 % des Français âgés de 25 à 65 ans déclarent avoir un projet d’achat immobilier dans les deux prochaines années. Une proportion qui grimpe même à 53 % chez les moins de 35 ans.
Malgré les incertitudes économiques et politiques, l’accession à la propriété reste un objectif majeur. Deux Français sur cinq souhaitent devenir propriétaires de leur résidence principale, tandis que 23 % envisagent un investissement locatif.
Cette envie d’acheter bénéficie notamment aux primo-accédants. En 2025, ils ont représenté 47 % des nouveaux crédits à l’habitat. Dans le neuf, le renforcement du prêt à taux zéro, PTZ a également contribué à soutenir les ménages souhaitant franchir le pas de la propriété.
Autre signal encourageant : depuis 2024, les emprunteurs ont regagné 10 % de pouvoir d’achat immobilier grâce à la baisse des taux, au recul des prix et à la progression des revenus.
Crédit immobilier : le financement reste la clé pour acheter dans le neuf
Si les candidats à l’achat sont de retour, l’accès au crédit reste toutefois le principal facteur de réussite d’un projet immobilier. Aujourd’hui, 80 % des transactions immobilières sont financées par un emprunt bancaire. Une évolution des conditions de crédit peut donc rapidement peser sur la capacité des ménages à acheter.
« Depuis le début d’année, les banques absorbent une partie des tensions sur les marchés afin de préserver la dynamique en se maintenant en moyenne à 0,5 point sous leur niveau théorique d'équilibre. Pour autant, le léger durcissement attendu des conditions de financement en 2026 devrait réintroduire des arbitrages plus marqués sur les profils et les projets accompagnés », analyse Laura Martino, vice-présidente de l’Apic.
Dans le logement neuf, cette question du financement est d’autant plus stratégique que les prix restent élevés. L’Apic rappelle qu’un logement neuf représente aujourd’hui près de cinq années de revenus pour un ménage type, contre quatre années dans l’ancien.
Acheter un logement neuf en 2026 : des projets qui nécessitent plus d’anticipation
Si le marché retrouve progressivement des acquéreurs, les ménages doivent désormais préparer davantage leur projet immobilier.
Parmi les critères qui deviennent déterminants pour obtenir un financement :
• le niveau d’apport personnel,
• la stabilité des revenus,
• et la capacité à présenter un dossier solide.
Cette évolution intervient alors que le marché du logement neuf reste encore fragile. Malgré une progression des mises en chantier sur douze mois, la commercialisation des logements neufs demeure en retrait de 31 % au premier trimestre 2026 par rapport à la moyenne 2019-2022.
Le financement apparaît donc comme l’un des leviers essentiels pour permettre une reprise durable du secteur, en facilitant l’accès à la propriété des ménages qui souhaitent acheter leur résidence principale.
Le courtier immobilier, un allié pour décrocher son prêt bancaire
Dans ce contexte plus exigeant, le recours au courtier continue de progresser. Selon l’étude Ifop réalisée pour l’Apic, 37 % des Français de 25 à 65 ans ont déjà fait appel à un courtier pour obtenir un crédit immobilier, une proportion qui atteint 60 % chez les primo-accédants.
Au-delà de la négociation du taux, les emprunteurs recherchent surtout un accompagnement pour sécuriser leur projet : 66 % estiment que le courtier leur a permis d’obtenir un crédit qu’ils pensaient inaccessible seuls.
« Le courtier n'est plus seulement un négociateur de taux : il devient un acteur de faisabilité et de fluidité », conclut Julie Bachet, présidente de l’Apic. Cette année encore, acheter dans le neuf reste possible, mais la réussite du projet passe plus que jamais par une préparation en amont du financement et une bonne connaissance des solutions disponibles.






