PTZ élargi et prorogé, LMNP amoindrie, APL gelées, rénovation énergétique recentrée… présenté ce 1er octobre, le projet de loi de finances 2027 place la maîtrise des dépenses publiques au premier plan, avec 43 milliards d’euros de mesures nouvelles de redressement, pour un effort total annoncé de 54 milliards. Dans ce budget contraint, plusieurs dispositions concernent directement le logement, de l’accession à la propriété à la rénovation énergétique, en passant par le logement social.
Le PTZ classique prolongé jusqu'en 2030
Première bonne nouvelle de ce PLF 2027 : le prêt à taux zéro serait prolongé de 3 ans, soit jusqu'en 2030, d'après les premiers éléments fournis par Roland Lescure et plusieurs membres du gouvernement qui ont présenté en Conseil des ministres ce projet de budget 2027.
PTZ Parentalité : un PTZ élargi aux familles avec un jeune enfant
C’est lanouveauté la plus directement liée à l’accession à la propriété : le PTZ Naissance. Le gouvernement propose d’ouvrir le prêt à taux zéro aux ménages ayant un enfant à naître ou âgé de moins de trois ans, sous conditions de ressources et dans la limite d’une utilisation par ménage. L’objectif affiché est de faciliter l’accès à un logement adapté à l’évolution de la famille.
Le LMNP davantage taxé
L'article 7 du PLF 2027 prévoit aussi de plafonner l’amortissement des LMNP à 2,5 % par an, dans la limite de 7 000 € par foyer fiscal et même 1.5 % et 5 000 € pour un meublé de tourisme, afin de rapprocher les régimes de la location nue et meublée et de renforcer l’attractivité du dispositif Jeanbrun. Une évolution contestée par les professionnels. Pour Arnaud Hacquart, président-fondateur d’Imodirect, « le problème n’est pas que le LMNP soit trop attractif, c’est que l’investissement locatif ne l’est plus suffisamment ».
APL gelées, les étudiants aisés davantage ciblés
Le PLF 2027 prévoit en parallèle de ne pas revaloriser exceptionnellement les APL en 2027, afin de stabiliser leur budget au niveau de 2026. Le gouvernement souhaite également instaurer, pour les foyers les plus aisés, un droit d’option entre les APL perçues par l’étudiant et les avantages fiscaux dont bénéficient ses parents.
Rénovation énergétique : priorité aux projets d’ampleur
Autre inflexion importante : les aides publiques à la rénovation énergétique seraient davantage concentrées sur les rénovations globales et les copropriétés. Le PLF prévoit notamment un recentrage des missions de l’Anah sur l’accompagnement des ménages engagés dans une rénovation d’ampleur et sur les opérations concernant le logement collectif.
Le logement social préservé dans un budget contraint
Le gouvernement entend aussi maintenir les moyens consacrés au logement social. La contribution des bailleurs au FNAP resterait fixée à 275 millions d’euros, tandis que la réduction de loyer de solidarité serait stabilisée à 900 millions d’euros. Les 500 millions d’euros de soutien au secteur l’an dernier seraient ainsi reconduits. Parcourir aussi - Comment acheter un logement social neuf ?
Le PLF prévoit également de prolonger jusqu’en 2030 l’exonération de taxe foncière applicable aux logements sociaux. Enfin, l’hébergement d’urgence bénéficierait de 200 millions d’euros supplémentaires, tandis que le parc serait maintenu à 203 000 places.
Présenté comme un budget de consolidation par le gouvernement Lecornu, le PLF 2027 devra désormais être examiné et amendé par le Parlement. Ses dispositions logement sont donc encore susceptibles d’évoluer très largement. Enfin, plusieurs mesures sont présentées comme réversibles : après les élections présidentielle et législatives de 2027, le prochain gouvernement pourrait décider de les modifier ou de les suspendre, laissant planer une incertitude sur leur application effective dès le printemps 2027.






