Tirer le bilan de 2025 permet d’entrevoir les perspectives pour le marché du crédit immobilier en 2026. C’est ainsi que d’après le dernier point de conjoncture de l’Observatoire Crédit Logement, en décembre 2025, le taux moyen des crédits du secteur concurrentiel s’établissait à 3,17 %, portant la moyenne du dernier trimestre à 3,14 %, après 3,06 % en juin.
Une progression marquée des taux d’intérêt en fin d’année
L’an dernier, dans un contexte de légère baisse de la demande de crédits, les banques sont passées d’un ajustement prudent à une hausse plus nette pour renforcer leurs fonds propres, face à un environnement politico-économique incertain et des taux obligataires orientés à la hausse. Les prêts à 25 ans ont bondi de 13 points de base au second semestre, contre + 10 pour ceux à 20 ans et + 8 pour les prêts à 15 ans. Explorer également - Comment négocier un prêt immobilier ?
Des durées de prêts immobiliers élevées pour soutenir la solvabilité
Pour compenser la hausse des taux, les durées moyennes des prêts restent longues, à 250 mois en décembre 2025. L’objectif des banques : préserver la solvabilité des emprunteurs malgré des mensualités alourdies. L’annuité de remboursement moyenne pour un emprunt de 100 000 € reste stable par rapport au début de l’année, inférieure de 11,1 % à décembre 2023 mais plus élevée de 18,5 % par rapport à 2021.
Toutefois, dans le cadre des règles du HCSF, Haut Conseil de Stabilité Financière, les prêts longs reculent encore : la part des crédits de 25 ans et plus passe de 51,9 % au premier trimestre à 45,4 % en décembre, impactant particulièrement les jeunes de moins de 35 ans, dont 87,7 % bénéficiaient d’un prêt d’au moins 20 ans.
Le neuf : un marché en route pour la reprise malgré des coûts en hausse
Si l’on observe plus particulièrement les crédits octroyés dans l’immobilier neuf, le marché retrouve des couleurs grâce au retour de ménages bien dotés en apport personnel et au rebond de la demande pour les maisons individuelles. Le coût des opérations dans le neuf a progressé de 5,1 % en 2025, après une baisse de 2,1 % en 2024, tandis que les revenus des acquéreurs augmentent de 2,1 %, contre 1,8 % l’an dernier.
L’apport moyen mobilisé s’élève désormais à 44,2 % du coût du projet, en forte hausse depuis 2019. Si le marché du neuf bénéficie du PTZ, prêt à taux zéro et d’une demande soutenue dans la maison individuelle, l’accès au crédit devient plus contraint et l’indicateur de solvabilité de la demande se dégrade.
Une reprise qui commence à s’essouffler en attendant le dispositif Jeanbrun
Malgré un début d’année 2025 dynamique, le rythme de progression ralentit. La production de crédits en niveau trimestriel glissant progresse encore : + 12,7 %, tout comme le nombre de prêts accordés : + 15,9 %, mais bien moins rapidement qu’au printemps : + 47,8 % et + 56,3 %. Sur l’ensemble de l’année, la production de crédits annuel glissant progresse de 31,7 % et le nombre de prêts de 37,1 %, restant toutefois inférieur aux niveaux moyens de 2016-2019.
En clair, si le marché du neuf se redresse, la hausse des taux et le coût croissant des opérations freinent encore l’accès au crédit et annoncent un atterrissage progressif de la reprise, en attendant l’entrée en vigueur du nouveau statut du bailleur privé, sous la forme de l’amortissement Jeanbrun pour relancer l’investissement.

